Comment exploiter efficacement Twitter pour son marketing d’influence B2B ?

Social Media 24 / 03 / 2018 4 minutes de lecture

“C’est magique, avec les réseaux sociaux on peut devenir influent sur un sujet, simplement en partageant les contenus qui buzzent à propos d’une thématique en particulier”. Je lisais encore ce genre de bêtise pas plus tard que le mois dernier. Oui, en 2018. Pour compléter le tableau on pourrait ajouter “et en plus c’est facile et c’est gratuit”. Il est vrai qu’il existe des raccourcis assez simples, empruntés par de nombreux “influenceurs” (vous noterez les guillemets) pour donner l’illusion de leur influence, justement. Désolé, je ne vous donnerai pas ce genre de recettes ici.

Non, je préfère me concentrer sur la construction d’une véritable influence, d’un réseau de qualité, sur le long terme. Alors oui, je sais, qualité et long terme ça peut faire peur de nos jours à l’heure du “snackable content” et du snap. Mais croyez-moi en BtoB c’est indispensable, fortement recommandé, testé et approuvé.

Trouvez votre “voix” sur Twitter

Certains diraient “venez comme vous êtes”, c’est sans doute le conseil le plus évident à pouvoir donner mais aussi le plus important. Il n’y a rien de pire que de se lancer à moitié, ou en voulant faire du lisse et politiquement correct. Au contraire, pour sortir de la masse de comptes qui parlent de votre sujet de prédilection tous les jours, il faut se démarquer. Pour cela la première étape est de trouver sa voix, sa ligne éditoriale, et de s’y tenir.

Cela commence par un choix important quand on est en BtoB et qu’on veut positionner l’expertise de sa société, de son agence ou de son service : faut-il prendre la parole au nom de l’entreprise ou en son nom propre ?

Si vous avez bien lu le paragraphe précédent je pense que vous avez déjà compris mon conseil. Twitter est avant tout un réseau d’échange entre personnes ! Depuis quelques années nous avons d’ailleurs mené quelques tests avec d’autres utilisateurs compulsifs et community managers à leurs heures perdues. Le résultat est sans appel : un message délivré par le compte d’une vraie personne porte bien plus que le même posté au nom d’une “personne morale”. Et les différences sont assez énormes.

Peut-on encore distinguer pro et perso ?

Si vous êtes salarié ce n’est pas forcément facile de faire comprendre à votre hiérarchie que la présence à votre nom sera bénéfique sur le moyen terme à votre société et que c’est un bon moyen d’avancer sur le sujet social media. D’autant plus en BtoB avec la peur que vous passiez, un jour, à la concurrence (et que donc ce travail de fond profiterait in fine à quelqu’un d’autre, qui plus est en concurrence directe sur le sujet). Pas simple.

D’un autre côté si vous utilisez votre compte Twitter pour parler beaucoup de votre secteur d’activité et un peu de votre société, comment gérer les envies d’ailleurs, de divertissement, de second degré aussi ? Pas simple non plus je le concède.

Il faut pourtant réussir à trouver le juste équilibre. Beaucoup de gourous du management et du webmarketing l’ont d’ailleurs compris et donnent un nom à tout ça : l’employee advocacy. Ou comment le collaborateur devient lui même un ambassadeur de son entreprise. L’influence dans la sphère BtoB se travaille tous les jours, avec des sujets de fond. Les collaborateurs sont des relais incontournables, on le voit tous les jours avec les dizaines de comptes pro/perso des collaborateurs d’Orange, de La Poste ou de la SNCF pour ne citer qu’eux. Avec des avantages en termes de diffusion et des risques en termes de réputation si ces collaborateurs ne sont pas sensibilisés et formés correctement à ces prises de parole.

Que faut-il poster ? Comment faut-il le poster ?

La réponse que je donnais en introduction est souvent l’option choisie. Vous intervenez sur la thématique de votre société et vous êtes tentés de partager de la veille. Avec des outils assez simples ou à la main en quelques clics vous êtes même tentés de partager quasi automatiquement les articles qui fonctionnent déjà sur ce sujet là. Audience et buzz assuré nous dit-on dans l’oreillette.

Vous risquez surtout de poster exactement comme votre voisin, comme votre concurrent, et comme tous les professionnels qui ont été formés comme ça. C’est dommage quand on cherche à se différencier !

Dans votre ligne éditoriale il ne doit pas juste y avoir le type de sujets à traiter, il doit aussi y avoir la façon de le faire. Avec quel ton ? Jusqu’où aller (ou pas) dans le commentaire et l’analyse ? C’est comme cela que vous allez pouvoir sortir du lot de tous les professionnels BtoB qui se contentent d’être des curateurs et pour certains presque des diffuseurs automatiques de flux RSS de médias références.

A quelle heure faut-il tweeter ?

La suite logique : nouer des relations

Une fois que vous avez trouvé votre ton et votre rythme de croisière du côté de la publication et de l’utilisation des bons hashtags pour être visible sur votre thématique métier et votre secteur géographique, vous pouvez passer à la vitesse supérieure et commencer à faire fructifier ce réseau que vous construisez au quotidien.

Ce qu’on appelle un peu pompeusement “influence marketing” n’est en fait qu’une construction de réseau professionnel assez classique, dans laquelle les relations régulières et la conversation sont les clés. Le tweet précédant le serrage de main. Oui, il précède le serrage de main et le petit verre, mais ne les remplace surtout pas !

Entrez régulièrement dans la discussion sur Twitter autour d’événements marquants, de grandes informations, prenez la parole en donnant votre avis, mentionnez les bons comptes (que vous aurez préalablement identifiés / listés) et vous verrez, tout se fera naturellement. Vous êtes à un tweet des figures médiatiques de votre secteur, à quelques échanges des journalistes très friands de Twitter, à quelques messages des blogueurs “influents” de votre thématique.

Si il n’y a rien de gratuit ni de magique dans l’histoire, cela prend du temps et de l’investissement personnel, les résultats sur le long terme sont inégalables. Vraiment.

— Article par Thomas Gouritin

AngePozzo di Borgo
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